
Qui, de nos jours, pourrait prétendre ne jamais utiliser l’une de ces intelligences artificielles accessibles d’un simple clic ? À moins de vivre sur une île déserte sans connexion internet ou de s’acharner encore sur une antique machine à écrire, cela semble difficilement croyable.
Il fut un temps où je me fiais à un dictionnaire des synonymes. Je m’en souviens encore : un ouvrage étroit et élancé, de couleur blanche, que je gardais toujours à portée de main…
Aujourd’hui, écrire sur son ordinateur, deux écrans allumés, c’est presque inévitablement garder une fenêtre d’IA ouverte en permanence. Peu importe laquelle — je ne ferai pas de publicité. Les adeptes de Windows et les partisans du Mac ne s’entendront jamais ; c’est une querelle éternelle. Mais au fond, le résultat demeure le même. Il en va de même pour les IA, semble-t-il.
J’avoue donc sans détour : j’utilise constamment l’IA. Pour vérifier l’orthographe d’un mot, confirmer son sens, trouver un synonyme ou corriger une phrase maladroite. Et pourtant, je crains qu’il ne subsiste encore bien des fautes que je ne détecte pas. Je recours aussi à l’IA pour chercher une formulation plus élégante, plus littéraire — je l’avoue encore.
Mais jamais, au grand jamais, je ne lui confie la tâche d’écrire à ma place. Car il y a dans l’acte d’écrire avec ses propres mots, ses propres tournures, une jubilation unique. C’est là, pour moi, toute la saveur de l’écriture. Si je renonçais à cela, j’en perdrais tout mon plaisir. Oui, je l’admets aussi, j’écris avant tout pour moi-même.
Je suis encore novice en la matière ; ce n’est pas mon métier. Pourtant, j’espère qu’un jour mes textes trouveront leurs lecteurs, car j’ai l’intention de les publier. Mon ego sait attendre. Mais il ne supporterait pas qu’on puisse dire de lui que je ne suis qu’une machine. D’ailleurs, je doute encore des capacités créatives réelles des IA — du moins, pour l’instant.
Alors, une question persiste, si je veux être honnête envers moi-même : quelle proportion de mes écrits leur dois-je vraiment ? Sur près de mille pages rédigées à ce jour, j’estime qu’à peine un pour cent proviennent de l’IA. Deux scènes, précisément. Des passages où je manquais totalement d’expérience et de recul, où ma créativité me faisait défaut. Mon souhait était honorable : je voulais simplement que le texte sonne juste. Bien sûr, je les ai retravaillées par la suite, à ma façon.
Voilà, vous savez tout sur ce point.



