L’écrivain Laurent Chani songe à l’avenir, entre fusées, robots et intelligence artificielle | Author Laurent Chani reflects on the future, between rockets, robots, and artificial intelligence

Depuis mon plus jeune âge, j’ai été façonné par le goût de la précision et du réalisme. À mes yeux, l’approximation n’a jamais eu sa place, ni dans mon quotidien, ni dans mon écriture, ni même dans aucune forme de création que j’ai entreprise au cours de ma vie.

Il en va de même pour la technologie. Ayant passé plusieurs décennies à concevoir du code informatique, je sais combien il est insupportable de laisser une œuvre inachevée, semée d’erreurs — ces fameux bugs que nous redoutons tant dans notre jargon. Et c’est sans compter sur les effets de bord, des effets indésirables qui impactent des zones de code que vous n’avez pas touchés. C’est comme les effets secondaires des médicaments dont on se passerait bien et qui sont des conséquences non désirées de la fonction première du traitement.

J’aime le travail bien fait, et l’exigence que requiert l’univers de la science-fiction et de l’anticipation impose une certaine rigueur : il faut savoir de quoi l’on parle. Non qu’il soit nécessaire de maîtriser chaque détail technique, mais il convient d’en comprendre au moins les fondements. Cette approche m’est d’autant plus naturelle que j’ai reçu une formation scientifique. S’informer, assimiler les bases d’un sujet avant de le déployer dans une histoire, est pour moi une étape indispensable.

Ainsi, dans mon univers romanesque, j’ai intégré la notion de microcentrales nucléaires, ces PRM — Petits Réacteurs Modulaires — capables de produire quelques dizaines de mégawatts, assez pour alimenter une petite ville ou un quartier entier d’agglomération. Certains modèles sont même conçus pour être transportés dans des conteneurs de quarante pieds, qu’on peut déplacer par camion. J’ai donc étudié leur fonctionnement, de manière certes sommaire, mais suffisante pour servir mon récit. C’est une technologie en plein essor, qui suscite aujourd’hui l’intérêt croissant des nations maîtrisant l’atome, tant les besoins sont immenses et les perspectives de marché considérables.

Autre exemple de concept abordé dans mon premier roman : la production d’électricité par gravitation. Ce principe, bien connu des pays dotés de centrales hydroélectriques, consiste à exploiter l’altitude et la force de l’eau. Lorsque l’on dispose de lacs situés en hauteur, on peut canaliser leur contenu par d’immenses conduites vers des turbines qui produisent de l’énergie. Et si, par surcroît, le pays bénéficie d’une source d’énergie constante mais ponctuellement excédentaire, il devient possible de pomper cette eau et la remonter vers son réservoir d’origine, stockée dans des lacs artificiels plus bas dans la vallée. Ce système de va-et-vient, exploitant l’apesanteur, offre un rendement remarquable qui peut atteindre près de 80 %.

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