
Pour information, le test de Turing se révèle étonnamment accommodant : il accueille volontiers toutes les espèces, qu’elles soient terriennes ou venues d’ailleurs.
Désormais, lorsqu’on remplit un questionnaire, il devient essentiel de préciser si l’interlocuteur — que l’on n’a pas physiquement en face de soi — est constitué de chair et d’os ou s’il s’agit d’un programme informatique parmi les plus aboutis de notre temps.
Quelle étrange question, tout de même ! Après une enquête minutieuse sur ma personnalité et mes goûts d’auteur, me voici confronté à cette interrogation singulière. Je remarque d’ailleurs que le site qui administre ce test omet de se demander si, de son côté, il n’est pas lui-même une intelligence artificielle.
Quant à moi, je suis humain jusqu’au bout des ongles, que cela me plaise ou non. Et je m’en sors plutôt bien, même si je sais qu’il me reste moins d’années à vivre que celles déjà bien remplies.
À notre époque de profondes mutations technologiques et sociétales, une telle question conserve une part de présomption. Pourtant, il faut bien l’admettre : plus le temps passe, plus certains métiers s’éteignent tandis que d’autres naissent. C’est un processus irréversible, jusqu’au jour où le changement lui-même deviendra une rupture dans notre manière de vivre.



